Une symphonie (« accord des sons » en grec) est une pièce musicale pour orchestre, généralement en plusieurs parties, nommées mouvements. Dérivée de la sinfonia (pièce instrumentale servant d’ouverture) du XVIe siècle, elle prend son véritable essor au milieu du XVIIIe siècle.
À cette époque, trois foyers contribuent à l’affirmation de la symphonie : Milan, Mannheim et Paris. Mais c’est à Vienne qu’elle devient un genre musical majeur, grâce à Joseph Haydn, Wolfgang Amadeus Mozart et Ludwig van Beethoven. Haydn en règle la forme au gré de ses cent sept symphonies. Ses successeurs en produiront beaucoup moins : quarante et une pour Mozart, neuf pour Beethoven, Franz Schubert, Anton Bruckner, Antonin Dvorak ou Gustav Mahler. Rares sont les compositeurs qui, comme Dmitri Chostakovitch (15 symphonies), en signeront plus.
Les premières symphonies sont écrites pour cordes seules ; Haydn et Mozart y ajoutent les hautbois, cors, trompettes, timbales, flûtes, clarinettes, Beethoven les trombones, Berlioz les harpes... En parallèle naissent de véritables orchestres professionnels, dirigés par un chef. Capables d’exécuter ces œuvres, où chaque instrument joue un rôle précis, ils se produisent désormais lors de concerts publics réguliers.
La symphonie emprunte à la sonate sa structure en quatre mouvements de tempos contrastés : allegro, mouvement lent, menuet et finale rapide. Beethoven prend des libertés avec ce modèle (introduction du chant dans la Neuvième Symphonie). Le genre s’enrichit ensuite de l’apport de la « musique à programme », fondée sur un argument littéraire (Symphonie fantastique d’Hector Berlioz, Dante-Symphonie de Franz Liszt), avant de dériver vers le gigantisme (Bruckner, Mahler...). Au XXe siècle, les compositeurs, d’Igor Stravinski à Anton von Webern, réagiront contre cette dérive, dans le sens de la concision et de la densité.
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