L’apartheid (mot qui signifie « séparation » en langue afrikaans, dérivé du français « à part ») est un système de ségrégation raciale institutionnalisé en Afrique du Sud entre[...]
La colonisation aux origines de l’apartheid
Au XVIIe siècle, des colons néerlandais s’installent autour du cap de Bonne-Espérance, à l’extrémité sud de l’Afrique, et y créent de grandes exploitations agricoles. Ils ont alors recours à l’esclavage de populations en provenance d’autres régions d’Afrique ou d’Asie. Les peuples autochtones sont peu à peu chassés de leurs terres ou contraints de travailler pour les colons.
Au XIXe siècle, les Boers, descendants des premiers colons néerlandais, se trouvent en concurrence avec les Britanniques, qui vont prendre le contrôle de la région. Même si l’esclavage est aboli dans la colonie du Cap en 1834, les Britanniques veulent maintenir[...]
Une ségrégation raciale officialisée
En 1948, un parti dominé par les Afrikaners (descendants des colons parlant une langue dérivée du néerlandais) remporte les élections. Le gouvernement fait alors voter les lois d’apartheid, qui légalisent la ségrégation civique, géographique et sociale entre « races ».
Le Population Registration Act (1950) classe les Sud-Africains en quatre grands groupes raciaux : les Blancs, les Noirs, les Métis (Coloured) et les Indiens (ou Indo-Asiatiques). Cette classification a pour but de déterminer les droits de chaque individu, ce qui organise la discrimination civique.
La ségrégation géographique se manifeste de deux manières. D’une part, le Group Areas Act (1950) force les populations non blanches à vivre dans des quartiers réservés, souvent éloignés des centres-villes : les townships. D’autre part, la ségrégation se manifeste dans les lieux publics. Les communautés[...]
Fin de l’apartheid et réconciliation de la société arc-en-ciel
Malgré des lois strictes et la répression, les manifestations et actes de contestation sont nombreux. La résistance se structure autour de partis comme l’African National Congress (ANC) et de figures emblématiques comme Nelson Mandela ou Walter Sisulu. Ces leaders sont arrêtés et jugés en 1963 pour complot contre l’État et pour plusieurs sabotages, puis emprisonnés à Robben Island, au large du Cap. Ils y poursuivent la résistance intellectuelle en étudiant et en formant les autres prisonniers. Au début des années 1980, la communauté internationale met la pression sur l’Afrique du Sud, par des sanctions économiques, des boycotts à l’encontre du pays, ou le concert géant de Wembley (Londres) en 1988 réclamant la libération de Nelson Mandela. À l’intérieur du pays, les violences se multiplient depuis la répression, en 1976, de la révolte des collégiens de Soweto qui protestaient contre l’obligation d’étudier en afrikaans. Le gouvernement tente de négocier avec Nelson Mandela un renoncement à la violence[...]
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