La « musique à programme » regroupe les œuvres instrumentales qui racontent ou décrivent un sujet extramusical (littéraire, historique, philosophique...) clairement identifié dans leur titre ou dans un programme. Mettant toutes ses ressources au service de l’évocation, de la méditation ou de la description, elle bénéficie d’une bien plus grande liberté structurelle, instrumentale et harmonique que la « musique pure » (musique instrumentale sans aucune référence à un sujet). L’usage de formes inédites, de couleurs instrumentales originales, d’accords et de rythmes insolites y est ainsi privilégié.
La musique à programme naît officiellement avec la création, en 1830, de la Symphonie fantastique d’Hector Berlioz, bâtie sur un argument littéraire. On en trouve cependant des traces dès le XVIe siècle, avec Le Chant des oiseaux de Clément Janequin. Les exemples se multiplient au siècle suivant, notamment avec le Caprice sur le départ d’un frère bien-aimé de Jean-Sébastien Bach, le Printemps d’Antonio Vivaldi, la symphonie Les Adieux de Joseph Haydn, et tout au début du XIXe siècle, avec la Symphonie pastorale de Ludwig van Beethoven. La musique à programme connaît son âge d’or au moment de la grande émancipation musicale du XIXe siècle. Elle reste néanmoins d’actualité jusque dans la musique contemporaine, comme l’illustre Morceaux de ciel de François Bayle à la toute fin du XXe siècle.
La musique à programme sollicite des genres très divers, tels que le concerto (À la mémoire d’un ange, Alban Berg), la sonate (La Tempête, Beethoven), la symphonie (Harold en Italie, Berlioz) ou le prélude (La Cathédrale engloutie, Claude Debussy). Son genre de prédilection reste cependant le poème symphonique, apparu au XIXe siècle avecFranz Liszt (Mazeppa), puis illustré par Modest Moussorgski (Une nuit sur le mont Chauve), Camille Saint-Saëns (La Danse macabre), Bedrich Smetana (La Moldau), Alexandre Borodine (Dans les steppes de l’Asie centrale), Richard Strauss (Ainsi parlait Zarathoustra), Paul Dukas (L’Apprenti sorcier), Debussy (La Mer), Arthur Honegger (Pacific 231)…
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