Chef de file du groupe littéraire de la Pléiade, Pierre de Ronsard fut[...]
Un poète de la Pléiade
Issu d’une famille de petite noblesse, Pierre de Ronsard voit le jour en septembre 1524 en Vendômois, au château familial de la Possonnière (auj. dans le Loir-et-Cher), entre Le Mans et Tours. Il devient page des enfants du roi François Ier, accomplit divers voyages à l’étranger (en particulier en Écosse et en Allemagne) et se destine aux métiers des armes. Sa vocation militaire et diplomatique est contrariée par un début de surdité, conséquence d’une maladie. Il se tourne vers la littérature et devient clerc (ce qui lui assure un revenu).
À partir de 1544, Ronsard suit les leçons de l’helléniste Jean Dorat au collège de Coqueret, à Paris, aux côtés de Jean-Antoine du Baïf et Joachim du Bellay. Avec eux et quelques autres jeunes poètes, il forme un groupe d’abord appelé la « Brigade » qui deviendra bientôt la « Pléiade ». Leur objectif consiste à défendre l’emploi de la langue française en littérature et à favoriser la création d’une poésie originale, tout en réhabilitant les œuvres de l’Antiquité.
Tantôt à Paris, où il est proche de la cour, tantôt en Vendômois, où il recherche le contact avec la nature, Ronsard commence à écrire et se fait connaître avec LesOdes (1550), recueil d’odes influencé par les poètes antiques tels le Grec Pindare et le Latin Horace.
La notoriété vient avec le recueil suivant, Les Amours (1552), poèmes amoureux dans la veine du poète italien Pétrarque et inspirés par la rencontre, à Blois, avec une jeune Italienne, Cassandre Salviati. Ronsard publie ensuite les Hymnes (1555), poèmes plus graves composés d’alexandrins[...]
Célébrer l’amour et les beautés de la nature
Après un temps d’oubli, Ronsard a été redécouvert au XIXe siècle par les écrivains romantiques qui l’ont perçu comme le poète de la passion amoureuse, de la fuite du temps et de la fragilité des beautés du monde. Cette image, juste mais incomplète, a pu émaner de certains poèmes célèbres des Odes : « Mignonne allons voir si la rose/ […] Cueillez, cueillez votre jeunesse/ Comme à cette fleur, la vieillesse/ Fera ternir votre beauté. »
On retrouve cette coloration inspirée du philosophe grec Épicure dans d’autres écrits de Ronsard, où il met en avant les sensations et le plaisir de l’instant. C’est le cas dans Les Amours (« Comme on voit sur sa branche, au mois de mai, la rose… ») ainsi que dans les Sonnets pour Hélène (« Quand vous serez bien vieille, au soir à la chandelle »), dans lesquels il invite à profiter de la vie sans attendre : « Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie. »
Les thèmes de l’amour et de la fuite du temps, bien qu’importants chez Ronsard, doivent être complétés par d’autres, plus graves et parfois négligés :
- la réflexion sur la mort, dans les Hymnes (« Que ta puissance, ô Mort, est grande et admirable… ») ;
- la lamentation sur une France meurtrie (« Mère de tant de rois, conte-moi ton malheur…[...]
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