POLOGNE

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Nom officiel République de Pologne
Chef de l'État Karol Nawrocki - depuis le 6 août 2025
Chef du gouvernement Donald Tusk - depuis le 13 décembre 2023
Capitale Varsovie
Langue officielle Polonais
Population 36 554 707 habitants (2024)
Superficie 312 710 km²

Article modifié le

Pologne : carte de situation - crédits : Encyclopædia Universalis France

Pologne : carte de situation

État situé dans le centre-est de l’Europe, la Pologne (Polska en polonais) partage des frontières terrestres avec sept pays (Allemagne, République tchèque, Slovaquie, Ukraine, Biélorussie, Lituanie et enclave russe de Kaliningrad). Elle fait face[...]

Géographie de la Pologne

Géographie physique

La Vistule, Pologne - crédits : Fotokon/ Shutterstock.com

La Vistule, Pologne

La Pologne est une vaste plaine délimitée au nord par la mer Baltique et au sud par les montagnes des Sudètes et des Beskides (Carpates occidentales). Elle est partagée en son centre, du sud au nord, par la Vistule, un des plus longs fleuves d’Europe, qui irrigue avec ses affluents 60 % du territoire polonais et traverse de grandes villes, notamment Cracovie et Varsovie, et continue vers Gdansk, près de laquelle elle forme un delta pour se jeter dans la mer Baltique. Le Bug, sous-affluent du fleuve, marque à l’est les frontières avec l’Ukraine et la Biélorussie.

L’ouest du pays est irrigué par l’Oder dont le bassin versant englobe avec ses nombreux affluents toute cette partie du territoire polonais. L’Oder traverse des villes comme Wroclaw et Szczecin, longe une partie de la frontière allemande et se jette également dans la Baltique.

Forêt de Bialowieza, Pologne - crédits :  (A. Bolbot/ Shutterstock

Forêt de Bialowieza, Pologne

La Pologne est[...]

Géographie humaine

Majoritairement urbaine, la population polonaise est structurée autour de plusieurs grands pôles, dont cinq villes de plus de 500 000 habitants (Varsovie, Cracovie, Wroclaw, Lodz et Poznan) et une trentaine de villes moyennes (de plus de 100 000 habitants). La métropolisation des régions industrielles, notamment la conurbation de Silésie autour de Katowice (au sud) et la Tricité portuaire organisée autour de Gdansk (au nord), draine de vastes bassins d’emploi. Les petites villes sont particulièrement nombreuses dans le sud du pays et dans les zones rurales.[...]

Activité économique de la Pologne

La Pologne est l’une des principales économies de l’Union européenne (UE), dont elle est membre depuis 2004. Bien que le taux de chômage y soit relativement faible depuis les années 2010, une partie importante de la population reste exposée à un taux de pauvreté élevé. La croissance soutenue de l’économie[...]

L’agriculture, entre deux évolutions

Représentant environ 10 % de la population active, l’agriculture polonaise est prise entre deux dynamiques opposées. D’un côté, les exploitations grandes et moyennes se sont modernisées grâce aux aides européennes. De l’autre, les très nombreuses petites exploitations connaissent des difficultés économiques et un faible niveau d’investissement ; elles se tournent principalement[...]

L’industrie, base arrière de l’Europe

À l’inverse, l’activité industrielle a connu une forte croissance depuis la fin du XXe siècle. Contrairement à de nombreux pays de l’UE, la part de l’industrie dans le PIB polonais s’est maintenue à un niveau élevé et a même progressé depuis 2000. Cela s’explique en grande partie par le développement, dès les années 1990, d’un vaste parc d’entreprises privées, dynamiques et innovantes, et par l’afflux massif d’investissements étrangers.

Traitement du charbon - crédits : Steven Weinberg/ Stockbyte/ Getty Images

Traitement du charbon

L’industrie reste fortement dépendante de sources d’énergie traditionnelles, très émettrices de gaz à effet de serre, en particulier du charbon, qui représente environ 40 % de l’énergie consommée. La diversification vers d’autres sources d’énergie, notamment renouvelables (solaire, éolienne) progresse, mais encore[...]

Les services à la pointe de l’innovation

Quant aux services, ils occupent plus de 60 % de la population active en Pologne. Le secteur tertiaire a connu une profonde transformation, profitant des nouvelles technologies et de l’apparition des moyens de communication (comme Internet ou le smartphone) qui ont pris leur essor à partir des années 2000.

De nombreuses start-up technologiques et entreprises privées ont vu le jour, particulièrement dans le domaine du commerce électronique, des services numériques aux entreprises, des jeux vidéo et, plus récemment, de l’intelligence artificielle. Cette dynamique repose sur une main-d’œuvre qualifiée attrayante[...]

Histoire de la Pologne

La Pologne est un des plus vieux États européens, sa population et ses frontières ont sans cesse été redéfinies.[...]

Dynasties royales et République des deux nations

Le territoire est occupé depuis le IIIe millénaire avant J.-C. par des populations lacustres qui auraient fourni de l’ambre aux Romains. S’y installent au Ier millénaire après J.-C. des groupes slaves. Le chef de l’un d’eux, les Polanes, rassemble au Xe siècle plusieurs autres tribus, se marie avec la fille du duc de Bohême et se convertit au christianisme.

Le baptême en 966 de Mieszko Ier (935-992) marque ainsi la naissance de la Pologne. Ce prince règne sur un territoire dont Cracovie est la capitale. Il fonde une dynastie, les Piast, qui garde le pouvoir jusqu’en 1370.

La dynastie suivante, celle des Jagellon, originaire du grand-duché de Lituanie, met en place en 1385-1386 l’union entre la Pologne et la Lituanie, qui va durer quatre siècles, sous différentes formes. Son vaste territoire s’étend, à son apogée, de la mer Baltique à la mer Noire, entre les États allemands et la Moscovie (puis la Russie), et englobe plusieurs groupes ethniques - Polonais, Lituaniens, Ruthènes, Juifs, Arméniens, Tatars - et confessionnels : on y pratique, outre les variantes du christianisme, le judaïsme ou l’islam. On y parle plusieurs langues et dialectes, même si le polonais domine.

Cet ensemble dirigé pendant deux siècles par la dynastie Jagellon sauvegarde[...]

Les partages de la Pologne

À la fin du XVIIIe siècle, le grand ensemble polono-lituanien, affaibli, est progressivement démantelé et annexé par les empires voisins (la Russie, la Prusse et l’Autriche). Trois partages (en 1772, 1793 et 1795) rayent la Pologne de la carte.

Durant les cent vingt-trois ans qui suivent, l’idée de nation et d’identité nationale se diffuse parmi les élites polonaises comme dans toute l’Europe, et nourrit la revendication d’indépendance. Elle gagne également des populations présentes depuis des siècles sur le même territoire (Lituaniens, Ukrainiens, Biélorusses, Juifs, etc.).

Ces nations se constituent en opposition aux empires qui occupent la région et s’appuient souvent sur des références religieuses. Elles s’affirment à travers plusieurs insurrections, toutes réprimées par les puissances occupantes, dont[...]

La Deuxième République

En 1918, à la fin de la Première Guerre mondiale, la Pologne retrouve son indépendance. Mais le nouvel État est aussitôt menacé à l’est par la Russie révolutionnaire. Désigné chef de l’État, Josef Pilsudski s’illustre en repoussant l’avancée de l’armée bolchevique devant Varsovie, en août 1920 (le « miracle sur la Vistule »). En mars 1921, alors qu’est signé le traité de Riga avec les Russes, une nouvelle Constitution est adoptée, et les frontières sont dessinées à l’avantage des Polonais.

Josef Pilsudski et Gabriel Narutowicz - crédits : © Universal History Archive/Universal Images Group/ Getty Images

Josef Pilsudski et Gabriel Narutowicz

Après quelques années d’esprit conciliant entre les conservateurs et les sociaux-démocrates, tout change le 16 décembre 1922. Le premier président de la République élu par la Diète, Gabriel Narutowicz, un modéré, est assassiné par un fanatique de la mouvance nationaliste. Le pays s’enfonce alors dans une crise politique sur fond de difficultés économiques et sociales. Pilsudski y répond par« le coup d’État de mai » 1926 que soutient une partie de la gauche. Il met en place un gouvernement « d’assainissement » (laSanacja), des réformes sociales populaires, tout en concentrant ses pouvoirs et réduisant les droits des oppositions. En fait, il s’éloigne des ambitions démocratiques de 1918 et donne plus de pouvoir[...]

La Seconde Guerre mondiale

La double occupation de la Pologne

La drôle de guerre - crédits : © 2013 Encyclopædia Universalis

La drôle de guerre

Lors de l’attaque de la Pologne par l’Allemagne, l’armée polonaise est rapidement défaite par une « guerre éclair » (Blitzkrieg). L’armée allemande (la Wehrmacht) fait des milliers de prisonniers, massacre, pille et détruit villes et villages, et le travail forcé est mis en place. Le 17 septembre, l’armée soviétique envahit à son tour l’est du pays, conformément aux protocoles secrets du pacte germano-soviétique de 1939. L’occupation est sévère : l’administration et la police politique soviétiques organisent un nouveau pouvoir, emprisonnent et déportent au goulag notamment les élites locales. Des milliers d’officiers polonais sont exécutés (massacre de Katyn, printemps 1940).

Depuis 1939, le territoire polonais est partagé entre une partie occidentale intégrée au Reich allemand et le « Gouvernement général », une zone au centre du pays occupée et dirigée par les nazis, tandis que l’Est est occupé par les Soviétiques. Après l’attaque de l’Union[...]

Les résistances et la Shoah

Dans ces conditions, les possibilités de résister sont très difficiles et très différentes pour ces deux groupes de population. De nombreux Polonais se reconnaissent dans le gouvernement polonais en exil à Londres, allié aux Britanniques, et rejoignent l’Armée de l’intérieur (AK), organisation clandestine formée dès 1939 à partir de réseaux clandestins regroupant anciens militaires et civils. Ces populations vivent dans la peur et la misère organisées par l’occupant nazi, chaque acte de résistance individuelle ou collective étant très risqué.

En dehors des ghettos, les Juifs polonais cherchent d’abord à se sauver individuellement et à se cacher, la fuite étant quasiment impossible, avec l’aide de quelques Polonais qui risquent leur vie en les hébergeant. Toutefois, les Juifs se heurtent à l’hostilité et à l’antisémitisme ambiants qui peuvent se traduire par des dénonciations à l’occupant ou par des pogroms, comme ce fut le cas en 1941 dans l’est de la Pologne après l’invasion allemande de l’URSS.

Les Juifs de Pologne sont assassinés en masse dès juin 1941 par les Einsatzgruppen,qui opèrent à l’arrière des troupes allemandes, puis, de mars 1942 à novembre 1943, dans le cadre d’une campagne systématique de « liquidation » des ghettos, appelée Aktion Reinhardt. Au total, près de 3 millions de Juifs polonais, hommes,[...]

La République populaire de Pologne

Le glissement de la frontière polonaise (1939-1945) - crédits : Encyclopædia Universalis France

Le glissement de la frontière polonaise (1939-1945)

Aux conférences de Yalta (février 1945) et de Potsdam (juillet-août 1945), les Alliés redessinent les frontières de la Pologne. Ils entérinent les décisions imposées par Staline. L’Union soviétique récupère des territoires lituaniens (Vilnius), ukrainiens (Lviv) et biélorusses, et la Pologne reçoit, à l’ouest, d’anciens territoires allemands (Poméranie et Prusse orientale, Silésie), ce qui implique de vastes et pénibles transferts de populations.

La dictature stalinienne

Fondation du pacte de Varsovie, 1955 - crédits : AKG-Images

Fondation du pacte de Varsovie, 1955

En décembre 1948 est fondé le Parti ouvrier unifié polonais par les communistes qui interdisent, marginalisent ou subordonnent les autres formations politiques. C’est la fin du pluripartisme. La Constitution de la République populaire de Pologne (PRL), calquée sur la Constitution soviétique de 1936, est adoptée en juillet 1952. Un régime totalitaire est mis en place, fondé sur le contrôle systématique de l’économie collectivisée et planifiée, de la population, de la vie sociale, de l’éducation, des arts et des mœurs, par une police politique. Et la Pologne intègre l’alliance militaire dirigée par les Soviétiques, le pacte de Varsovie, qui fait face à l’Alliance atlantique (OTAN).

Au fil des années, ce régime révèle des contradictions et des faiblesses, il doit répondre aux mécontentements de la population polonaise qui n’adhère pas à ce modèle et proteste contre les mauvaises conditions de vie.

Des critiques s’expriment d’abord dans les milieux intellectuels en octobre 1956 et, en 1968, par une révolte étudiante à laquelle le Parti répond en orchestrant une campagne anti-intellectuelle et antisémite (expulsion de 15 000 Polonais d’origine juive). Puis elles prennent la forme de révoltes ouvrières (à Gdansk en 1970, à Ursus et Radom en 1976). Le climat politique et social de la Pologne populaire ne se stabilise pas, évoluant de crise en crise dans un contexte économique médiocre. Cependant, à partir des grèves de 1976, une alternative commence à s’affirmer. Issue d’abord des milieux intellectuels, elle se manifeste par la création du Comité de défense des ouvriers (KOR) qui apporte de l’aide matérielle et juridique aux ouvriers victimes de la répression.

Solidarnosc et l’effondrement du régime communiste

Jean-Paul II en Pologne, 1979 - crédits : Keystone/ Hulton Archive/ Getty Images

Jean-Paul II en Pologne, 1979

En réalité, le KOR et d’autres groupes développent et animent une « opposition démocratique » non légale, présente dans les principaux secteurs de la société.[...]

Vie politique et institutionnelle de la Pologne

Durant une période de transition, à la fois enthousiaste et confuse, se[...]

Une Constitution démocratique

Les institutions polonaises sont réglementées par la Constitution adoptée par référendum le 25 mai 1997. Le pouvoir législatif est exercé par les deux chambres du Parlement dont les membres sont élus au suffrage universel direct pour un mandat de quatre ans. La Diète (la chambre basse) comprend 460 députés ; elle élabore les lois et contrôle le gouvernement responsable devant elle. Le Sénat, quant à lui, compte 100 sénateurs qui peuvent modifier ou rejeter les lois, mais ses décisions doivent être confirmées par la Diète.

Le pouvoir exécutif est exercé par le président de la République et le Conseil des ministres. Le président est élu au suffrage[...]

Une vie politique entre nationalistes et libéraux

Depuis le début des années 2000, la vie politique polonaise est dominée par deux grands courants qui alternent à la tête du gouvernement. D’un côté, la droite nationale populiste du parti Droit et Justice (PiS) dirigé par Jaroslaw Kaczynski défend un programme nationaliste, eurosceptique et anti-immigration. En face, la Coalition civique (KO) dirigée par Donald Tusk, est un parti libéral et proeuropéen. Défenseur des droits et des libertés, ce parti a également mené des politiques économiques et sociales d’inspiration néolibérale, qui ont été fortement critiquées, notamment parmi les jeunes générations. À ce « bipole », selon l’expression polonaise, il faut ajouter une gauche très affaiblie et une extrême droite en ascension depuis[...]

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Pour citer cet article

Encyclopædia Universalis. POLOGNE [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

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