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Une allégorie littéraire : L'Albatros, de Charles Baudelaire

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Baudelaire introduit L'Albatros dans la seconde édition des Fleurs du mal. Placé au début de la section Spleen et idéal, il développe le thème romantique de l'exclusion pour faire de l'oiseau prisonnier une allégorie du poète.

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage

Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,

Qui suivent, indolents compagnons de voyage,

Le navire glissant sur les gouffres amers.

 

À peine les ont-ils déposés sur les planches,

Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,

Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches

Comme des avirons traîner à côté d'eux.

 

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !

Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !

L'un agace son bec avec un brûle-gueule,

L'autre mime en boitant, l'infirme qui volait !

 

Le Poète est semblable au prince des nuées

Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;

Exilé sur le sol au milieu des huées,

Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

 

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal (1861)

 

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Encyclopædia Universalis. Une allégorie littéraire : L'Albatros, de Charles Baudelaire [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )