Le Fils naturel, de Denis Diderot : un drame bourgeois
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Avec Le Fils naturel, et surtout avec les Entretiens qui l'accompagnent, Diderot donne forme à sa conception d'un théâtre capable de se substituer à l'ancienne tragédie, héritée du classicisme.
« Il n'y a plus, à proprement parler, de spectacles publics. Quel rapport entre nos assemblées au théâtre dans les jours les plus nombreux, et celles du peuple d'Athènes ou de Rome ? » Parce qu'il n'y a plus d'assemblée civique, et pour « intéresser » l'homme éclairé du 18e siècle, il faut un nouveau genre, plus proche de lui – c'est-à-dire « bourgeois ». Ce genre, qui naît des décombres de la tragédie classique, Diderot le fonde, en 1757, dans Le Fils naturel, suivi de ses 3 Entretiens.
Ici, le maître mot est le « naturel ». Et le naturel, c'est d'abord la substitution du « vrai » au « vraisemblable » classique. Au nom du vrai, mais sans récuser les unités de temps et d'action, ni le respect des bienséances, Dorval pose les fondements de ce genre nouveau. Il se définit comme genre « sérieux », « intermédiaire » entre le comique et tragique. De même, les personnages, bourgeois, sont à mi-chemin des types de la comédie et des individus de la tragédie.