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Georg Friedrich Haendel : de l’opéra à l’oratorio

Ce document est lié à l'article «  LE MESSIE, musique de Georg Friedrich Haendel  ».

Après avoir fait découvert aux Anglais l’opéra à l’italienne, Georg Friedrich Haendel se ruine en poursuivant ce genre musical. Il renouera avec le succès grâce à l’oratorio, moins coûteux.

Haendel fait goûter aux Anglais un produit musical qu'ils ignorent encore et où il est passé maître. Le 24 février 1711, Rinaldo, son premier opéra écrit pour eux, remporte un succès qui le confirme dans son projet. En 1724, avec Giulio Cesare in Egitto ou Tamerlano, il offre le type le plus parfait de l'opéra à la manière italienne, mais cet art est un coûteux jeu de princes et la Royal Academy of Music qui l’emploie ferme ses portes le 1er juin 1728. Haendel décide alors de reprendre l'entreprise à son compte. Les 17 opéras composés pendant les 8 années qui suivent font preuve d'un génie sans cesse renouvelé. Rien n'y fait : une ruine totale est au bout du chemin. Haendel sait maintenant que l'opéra est à Londres une voie sans issue. S'il en compose encore quelques-uns, il cherche ailleurs, dans l’oratorio, l'instrument d'un succès auquel il n'a pas renoncé.

Ce changement d'activité procède pour une part d'une démarche spirituelle ; il correspond aussi à une analyse précise du marché de la musique à Londres. L'oratorio coûte moins à produire que l'opéra : ni décors ni machines, de solides voix anglaises au lieu des vedettes capricieuses importées d'Italie. Il touche une clientèle plus large : cette bourgeoisie londonienne faite de gros commerçants ignorant l'italien mais qui préfèrent écouter dans un langage qu'ils comprennent de belles histoires tirées de la Bible ou de la mythologie classique. Ajoutons que l'oratorio n'est pas, comme l'opéra, interdit pendant le carême. Les conditions du succès commercial sont réunies. Toutefois, la reprise est difficile. Ainsi Le Messie, applaudi à Dublin en avril 1742, est boudé à Londres. Curieusement, c'est la politique qui donnera à Haendel l'occasion de sa rentrée en scène définitive. Demeuré loyal au roi hanovrien George II pendant la guerre entre la France et l’Angleterre, Haendel devient le chantre national et reconquiert d'un coup la faveur du public. Jusqu'à la fin de sa vie, celle-ci ne lui fera plus défaut.

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Pour citer ce document

Encyclopædia Universalis. Georg Friedrich Haendel : de l’opéra à l’oratorio [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )