SATIRE

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En littérature, la satire est un écrit critique, en vers ou en prose, qui s’attaque à un sujet (un comportement, une personne, un groupe de personnes, une institution…) en utilisant les procédés de la moquerie.[...]

La satire au fil des époques

Le terme « satire » vient du latin satura qui désigne, en cuisine, un mélange d’ingrédients, une farce. En littérature, une « farce » se caractérise donc à l’origine par une forme essentiellement oratoire autorisant, sur un ton léger, le mélange des genres (prose, poésie, discours, dialogue).

Les auteurs de l’Antiquité ont ainsi employé ce modèle pour dénoncer un excès, fustiger un comportement, exprimer une indignation. On en trouve des traces dans la comédie antique (chez le Grec Aristophane et chez le Latin Plaute), ainsi que dans les textes polémiques d’orateurs comme Cicéron ou de poètes romains tels Catulle, Horace et, surtout, Juvénal, le plus virulent, qui affirma : « À défaut de génie, c’est l’indignation qui fait le vers » (Satires, I).

En littérature française, ce registre satirique est ensuite emprunté par les auteurs du Moyen Âge et de la Renaissance qui souhaitent délivrer une leçon. C’est le cas dans les fabliaux, les récits en vers (comme Le Roman de Renart, composé entre 1175 et 1250) ou les romans parodiques (ceux de François Rabelais, par exemple).

Les guerres de religion, au XVIe siècle, donnent naissance à des textes satiriques, qu’ils soient dus au catholique Pierre de Ronsard (Discours desmisères de ce temps, 1562), au poète protestant Théodore Agrippa d’Aubigné (Les Tragiques, 1616) ou à un groupe d’auteurs favorables à Henri IV qui ont signé La Satire Ménippée (1594).

<i>Le Loup et l'Agneau</i>, fable de Jean de La Fontaine - crédits : AKG-Images

Le Loup et l'Agneau, fable de Jean de La Fontaine

Au XVIIe siècle, la veine satirique se retrouve en poésie avec Mathurin Régnier ou Nicolas Boileau (Satires, 1666). Elle se développe aussi dans les écrits en prose des moralistes, qui utilisent le pamphlet, comme Blaise Pascal (Les Provinciales, 1656-1657), la fable, à l’instar de Jean[...]

Les formes et les cibles de la satire

Au fil des siècles, la satire a pris des formes très variées. Elle utilise surtout un discours nommé « épidictique », c’est-à-dire un jugement de ce qui est bon ou mauvais (il s’agit de distribuer l’éloge ou le blâme), avec une intention délibérément polémique et, souvent, un recours aux ressources de la moquerie. Le principal sous-genre qui l’illustre est le pamphlet et ses variantes (le libelle, le manifeste, l’épigramme, la lettre ouverte, la diatribe, le tract). On y repère des figures de style propres aux écrits polémiques : les auteurs satiriques usent de différents procédés comme l’apostrophe (qui consiste à s’adresser directement à quelqu’un), l’injure, l’exagération, l’hyperbole, ou encore l’accumulation.

Illustration de <em>Candide ou l'Optimisme</em> de Voltaire - crédits :  ETH-Bibliothek Zürich, Rar 7119: 44 ; Public Domain Mark

Illustration de Candide ou l'Optimisme de Voltaire

L’attaque peut se faire plus indirecte et plus subtile dans la parodie, qui imite pour ridiculiser, ou dans la farce, qui grossit le trait dans un but de dénonciation. Montesquieu, par exemple, feint de justifier l’esclavage  dans De l’esprit des lois (livre 15, 1748), ou de vanter les mérites du roi magicien dans ses Lettres persanes (lettre 24, 1721). Avec Candide ou l’Optimisme (1759), Voltaire raille les préjugés aristocratiques, les institutions religieuses et les utopies politiques. Dans Bouvard et Pécuchet (1881), Gustave Flaubert moque les recherches vaines de deux « bonshommes qui copient ».

Lorsque la satire vise une personne ou un groupe de personnes, les sujets moqués sont nombreux, à commencer par l’apparence physique, les défauts corporels. Ce thème, largement présent chez les Grecs et les Latins, se retrouve jusqu’à l’époque contemporaine. Ainsi, Paul Verlaine caricature « Monsieur Prudhomme » (« Son faux col engloutit son oreille »), dans Poèmes saturniens (1866) ; Arthur Rimbaud peint « Les Assis » (« Leur[...]

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Les Précieuses ridicules, de Molière : de la farce à la satire

Créée en 1659, la pièce de Molière parodie la préciosité, un mouvement très en vogue dans les salons parisiens depuis 1650. L’importance qu’elle donne au beau langage, à la conversation et à la… [...]


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Pour citer cet article

Encyclopædia Universalis. SATIRE [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )