Le Nil est un fleuve du nord-est de l’Afrique. Son cours principal sillonne, du sud au nord, le Soudan et l’Égypte avant de se jeter dans la mer Méditerranée par un vaste delta. Long de 6 700 kilomètres, il est considéré comme[...]
Un fleuve en plein désert
Aux sources du Nil se trouvent deux vastes lacs. D’une part, à cheval sur la Tanzanie, le Kenya et l’Ouganda, le lac Victoria est alimenté par des rivières, principalement la Kagera, venue du Burundi. De ce lac, qui se situe à 1 133 mètres d’altitude, est issu le Nil blanc. Celui-ci descend des montagnes par de nombreuses chutes d’eau entrecoupées d’autres lacs, comme le lac Kyoga ou le lac Albert, avant d’amorcer un cours plus rectiligne à travers le Soudan du Sud. La faible déclivité ralentit son débit, multiplie ses bras et accélère son évaporation dans des marécages appelés sadd (en arabe)ou Sudd.
D’autre part, plus à l’Est, le Nil bleu prend sa source dans le lac Tana, à 1 800 mètres d’altitude, sur le plateau volcanique éthiopien. Nil blanc et Nil bleu se rencontrent à Khartoum, au Soudan. Le Nil bleu contribue à hauteur de 70 % du débit du fleuve contre 30 % pour le Nil blanc. L’intensité des précipitations dans le bassin[...]
Un fleuve à l’origine des premières civilisations
La vallée du Nil, par ses spécificités géographiques et climatiques, est souvent associée au nom du Croissant fertile, la région du Moyen-Orient qui est le berceau de plusieurs des premières civilisations.
Chaque année, les crues déposent sur les berges du fleuve un limon fertile. Issus des terres volcaniques en amont du Nil bleu, ces sédiments ont permis le développement d’une agriculture sédentaire dès le VIe millénaire avant J.-C. Par ailleurs, le fleuve, source d’eau potable est également riche en ressources halieutiques et alluvions aurifères, ce qui complète une économie déjà florissante dans l’Antiquité. Dans l’Égypte ancienne, le Nil, navigable sur de longues portions, a été une grande voie de circulation, notamment pour les échanges commerciaux, comme le transport des pierres utiles à l’édification des temples et des pyramides. Des traces[...]
Les enjeux économiques et politiques de la période contemporaine
À partir de la fin du XIXe siècle, durant la période coloniale anglaise, de grands ouvrages hydrauliques sont construits sur le fleuve, dont le premier barrage d’Assouan (1898-1902), ce qui permet d’améliorer l’irrigation pérenne. Cette évolution favorise notamment la culture du coton, largement exporté vers le Royaume-Uni. Rapidement les besoins en eau entraînent des tensions entre les pays riverains du fleuve. Des accords de répartition des eaux, toujours très favorables à l’Égypte, sont signés en 1929 et 1959.
Les besoins en énergie poussent l’Égypte, le Soudan et l’Éthiopie à poursuivre la construction de barrages hydroélectriques. En Égypte, le haut barrage d’Assouan, lancé par le président Gamal Abdel Nasser et achevé en 1970, est un des plus grands barrages du monde. Le lac de retenue ainsi créé (le lac Nasser) d’une capacité maximale de 156 milliards de m3 a contraint plus de 100 000 Nubiens du Soudan à quitter[...]
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