GÉO-INGÉNIERIE

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Les diverses techniques et idées qui visent à agir directement et à grande échelle sur le système climatique afin de limiter le réchauffement de la planète causé par les activités humaines sont rassemblées sous le terme de « géo-ingénierie », et plus précisément sous l’expression « géo-ingénierie climatique ». Cette approche, née au cours du XXe siècle, fait surtout parler d’elle depuis le début des années 2000, face aux nombreuses difficultés politiques et économiques à résoudre pour atteindre l’objectif « zéro carbone » en 2050, c’est-à-dire un bilan nul d’émissions dans l’atmosphère des gaz à effet de serre, dont le dioxyde de carbone (CO2).

Si ces idées[...]

Réduire le rayonnement solaire absorbé

Le réchauffement de la planète résulte en grande partie d’une absorption trop importante de l’énergie issue du Soleil par la surface de la Terre, à cause de l’effet de serre de gaz émis en trop grandes quantités par les activités humaines. Une première série de concepts de géo-ingénierie cherche donc à réduire l’énergie solaire absorbée. Plusieurs idées ont été proposées : peindre en blanc de larges surfaces au sol pour mieux réfléchir la lumière ; installer des miroirs géants dans l’espace afin de dévier une partie des rayons solaires ; injecter dans la  haute atmosphère des aérosols, qui sont de très fines particules capables de renvoyer vers l’espace une petite partie de la lumière solaire. Cette dernière idée s’inspire de ce qui se produit lors de grandes éruptions volcaniques, qui[...]

Éliminer du CO2 atmosphérique

Dans une seconde série de concepts, nombre d’idées ont émergé pour atteindre plus facilement cet objectif « zéro carbone » en 2050. Elles proposent d’utiliser des mécanismes, naturels ou technologiques, capables de séquestrer pendant de très longues durées l’excès de CO[...]

La plantation de forêts

Les forêts et les sols peuvent absorber du CO2 et contribuer ainsi à la réduction de sa présence dans l’atmosphère. Depuis le début de la révolution industrielle (1850), environ un tiers des émissions humaines ont été absorbées par la végétation terrestre et les sols. Néanmoins, ce très important « puits naturel de carbone » est fragile, la déforestation et les incendies entre autres en réduisant la capacité (aujourd’hui bien inférieure à celle qu’elle était dans le passé).

La création à grande échelle de nouvelles forêts (afforestation) et la restauration de forêts existantes[...]

Accroître l’efficacité d’absorption de l’océan

L’océan joue un rôle climatique de premier plan puisqu’il absorbe environ le quart du CO2 atmosphérique émis par les activités humaines. Il constitue ainsi, lui aussi, un important « puits naturel de carbone ».

Ce rôle repose sur deux mécanismes. Le premier est un processus physique (appelé pompe physique) : le CO2 atmosphérique se dissout dans l’eau de mer et est entraîné vers les profondeurs par les courants océaniques froids. Le second est un processus biologique (dit pompe biologique) : il fait intervenir les microalgues de surface (constituant l’essentiel du phytoplancton) qui absorbent du CO2 par photosynthèse dans leur organisme. Lorsqu’elles meurent, une partie de ce carbone coule vers les fonds océaniques et peut y demeurer stockée[...]

Réduire l’injection de CO2 dans l’atmosphère

Éviter d’émettre du CO2 dans l’atmosphère n’est pas à proprement parler une approche de géo-ingénierie climatique, car on ne cherche pas dans ce cas à extraire de l’atmosphère ce gaz (afin d’agir directement sur le bilan radiatif de la Terre), mais simplement à réduire les quantités injectées dans celle-ci.

L’idée consiste donc à capturer le CO2 produit par une activité industrielle directement à la source (au sein du site industriel) avant qu’il ne soit émis dans l’atmosphère, dans le but de le stocker. Cela est particulièrement intéressant pour les cimenteries, les hauts-fourneaux et les raffineries, dont les activités produisent nécessairement une certaine quantité de CO2.

L’idée est d’utiliser comme réservoir des sites profonds et connus, situés dans des couches profondes du sous-sol (stockage géologique), après que le gaz naturel fossile qu’ils contenaient a été exploité. Dans les terrains formant ces réservoirs,[...]

Des solutions très partielles

La géo-ingénierie est, bien souvent et à juste titre, perçue comme une tentative risquée de l’humanité de continuer ses activités polluantes sans changer ses comportements. Certaines méthodes envisagées, incertaines ou dangereuses, sont à bannir. D’autres, à condition de mener des études longues et rigoureuses, pourraient se révéler utiles et complémentaires aux efforts de réduction des émissions[...]

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Encyclopædia Universalis. GÉO-INGÉNIERIE [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )