Le Gange (en sanskrit et en hindi, Gangā) est un fleuve traversant le nord de l’Inde d’ouest en est avant de se jeter par un vaste delta dans le golfe du Bengale. D’une longueur totale de plus de 2 500 kilomètres, il irrigue un tiers[...]
Une hydrographie soumise aux moussons
La physionomie du Gange peut se découper en trois grandes sections : ses sources dans l’Himalaya, son cours moyen dans la plaine et le delta.
Le Gange est principalement alimenté par deux sources himalayennes : les rivières glaciaires Bhagirathi (6 600 m d’altitude) et Alaknanda (proche de la frontière tibétaine, à 7 800 m). Leurs eaux, issues de la fonte des neiges dans l’Himalaya central, déferlent en torrents pour confluer 200 kilomètres en aval, à Devprayag où le fleuve prend vraiment le nom de Gange. Avant de rejoindre la plaine indo-gangétique (ou plaine du Gange), il perd 3 600 mètres d’altitude en moins de 300 kilomètres. Son débit y est très variable, tributaire des intenses précipitations, notamment au plus fort de la mousson.
Une fois dans la plaine,[...]
Un fleuve sacré et nourricier
Selon la mythologie hindoue, la déesse Gangā est chargée par le roi Baghiratha de rendre les terres fertiles et prospères. Afin que ses eaux tumultueuses ne submergent pas la terre, elles sont retenues dans les cheveux de Shiva, un des trois dieux primordiaux. Le Gange fait partie des sept rivières sacrées de l’Inde. Chaque année, des millions de fidèles hindous pratiquent dans ses eaux les cérémonies de purification rituelle et les cendres des défunts y sont déversées. Certaines villes installées sur ses rives, comme Varanasi (anciennement Bénarès), sont de grands centres de pèlerinage.
Le caractère sacré du Gange en Inde puise sans doute son origine dans les multiples usages du fleuve, indispensables à la vie quotidienne. Le bassin du Gange abrite une population estimée à 500 millions d’habitants, soit plus d’un tiers de la population indienne. Dans ce pays où la moitié environ des habitants vivent de l’agriculture, l’irrigation à partir du fleuve permet une production agricole[...]
Un des fleuves les plus pollués du monde
Le bassin du Gange a toujours été attractif pour les hommes et leurs activités, ce qui complique sa protection et son exploitation. Les nombreuses villes, souvent millionnaires, implantées le long du fleuve, déversent chaque jour leurs eaux usées dans le Gange et ses affluents. Les rejets des distilleries, tanneries, raffineries ou usines de pâte à papier engendrent une forte pollution industrielle. Les rites funéraires hindous participent également pour une grande part à la pollution d’origine humaine du fleuve. Les eaux du Gange ont un taux de pollution 3 000 fois supérieur aux normes fixées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Des programmes publics de dépollution fondés sur la construction de stations d’épuration et le contrôle des rejets industriels sont mis en œuvre. Ainsi, le Premier ministre indien Narendra Modi a lancé[...]
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