Joachim Du Bellay fut un poète français du XVIe siècle, proche de Pierre de[...]
De la Pléiade à l’exil
Joachim Du Bellay naît en Anjou, vers 1522, au château de la Turmelière (auj. dans le Maine-et-Loire), dans une famille de noblesse ancienne et renommée. Peu d’informations nous sont parvenues sur son enfance et sa jeunesse, sinon celles qu’il fut orphelin très jeune, élevé par son frère aîné, et qu’il accomplit des études de droit à Poitiers. Il commence à écrire des poèmes, à fréquenter des hommes de lettres, dont Jacques Peletier du Mans et Pierre de Ronsard. En 1547, Du Bellay rejoint ce dernier au collège de Coqueret à Paris pour y suivre l’enseignement de l’helléniste Jean Dorat, spécialiste de langues anciennes. Ronsard l’encourage à rédiger un essai innovant, Défense et illustration de la langue française(1549).
L’ouvrage devient le manifeste du groupe d’écrivains appelé d’abord « Brigade », avant de prendre le nom de « Pléiade ». Dix ans après l’ordonnance de Villers-Cotterêts (1539) promulguée par François Ier, qui visait à remplacer dans divers domaines (administration, justice…) le latin par le français, Du Bellay propose, avec Défense et illustration de la langue française, de faire du français une langue noble, une langue de l’écrit, et plus simplement de l’oral et du quotidien. En 1549 également, l’auteur[...]
La défense de la langue française
Avec Ronsard, dont il fut proche, Du Bellay est considéré comme l’un des plus importants représentants de la poésie française de la Renaissance. Son influence est majeure, d’abord en raison de son travail théorique, avec son ouvrage Défense et illustration de la langue française, sorte d’« art poétique » conçu par le groupe de la Pléiade, mais dont il est le signataire principal.
L’objectif premier est de donner de l’éclat et de la vigueur à la langue française, encore considérée au XVIe siècle comme vulgaire par rapport au latin, langue du sérieux et de la littérature. Cela passe par des innovations lexicales et formelles, comme par l’imitation des œuvres de l’Antiquité, notamment dans la grandeur des sujets abordés (la vie, l’amour, la mort…). Du Bellay souhaite favoriser l’avènement d’une poésie nouvelle, qui soit adaptée à l’époque de profondes mutations qu’est la Renaissance, et qui, tout en respectant les règles de la versification et de la rythmique, puisse transmettre des émotions et exprimer une sensibilité.
L’œuvre poétique de Du Bellay sera l’application de ce programme. Le recueil L’Olive, composé essentiellement de poèmes d’amour, inaugure l’emploi d’une forme venue d’Italie et appelée à connaître un succès durable, le sonnet. Du Bellay reconnaît par ailleurs l’influence majeure du poète italien du XIVe siècle Pétrarque, mais entend s’en démarquer :
« J’ai oublié l’art de pétrarquiser/ Je veux d’amour franchement deviser ». (Divers Jeux rustiques, 1553)
Car l’amour, comme l’enseigne le philosophe grec Platon, n’est pas simple jeu. Il est spirituel et prend une dimension presque sacrée.
L’inspiration sentimentale[...]
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