La collaboration désigne la coopération, durant la Seconde Guerre mondiale, du régime de[...]
Les formes de la collaboration
Après la défaite et l’armistice du 22 juin 1940, le territoire français est divisé en plusieurs parties. Les deux principales sont une zone occupée par l’armée allemande[...]
Une collaboration d’État
Le régime de Vichy incarne la collaboration d’État. Après son entrevue avec Adolf Hitler à Montoire, le 24 octobre 1940, Philippe Pétain fait un discours radiodiffusé, le 30 octobre, où il présente cette entrevue comme le début d’une nouvelle ère. Le chef de l’État français évoque la nécessité de la collaboration avec l’Allemagne pour préserver l’indépendance et l’unité de la France et adoucir le sort des Français. Il dit espérer que l’Allemagne accordera des contreparties, comme le retour des prisonniers de guerre français, l’aménagement de la ligne de démarcation ou le retour du gouvernement français à Versailles.
Décidée par Philippe Pétain et mise en œuvre principalement par Pierre Laval, cette collaboration se manifeste sous plusieurs aspects. Tout d’abord, une politique antisémite est mise en place. Dès octobre 1940, Vichy adopte le premier statut des Juifs, excluant ces derniers de nombreuses professions et les soumettant, par des lois, à[...]
Une collaboration économique
Au-delà de la collaboration politique, la France contribue à l’effort de guerre nazi en fournissant à l’Allemagne des matières premières et des produits agricoles. Par ailleurs, des entreprises françaises produisent du matériel pour l’armée allemande, notamment des véhicules,[...]
Une collaboration militaire
Des Français font le choix de combattre auprès des Allemands notamment dans la Waffen-SS (une branche militaire de la SS) à partir de 1943.[...]
Une collaboration intellectuelle
Certains intellectuels français choisissent de collaborer avec l’occupant, par conviction idéologique ou opportunisme. Parmi eux, des journalistes ou des écrivains soutiennent activement le régime nazi et la politique antisémite. Ainsi Robert Brasillach est le rédacteur en chef du journal collaborationniste[...]
Une collaboration du quotidien
La collaboration ne concerne pas seulement les responsables politiques ou des personnalités. Une partie de la population française, que ce soit en zone occupée ou libre, coopère avec l’occupant nazi. Il peut s’agir[...]
Les motivations de la collaboration
Certains collaborateurs sont animés de véritables convictions. Ils partagent l’idéologie nazie, notamment l’antisémitisme et l’anticommunisme et voient dans la collaboration une opportunité de promouvoir leurs idées et de lutter contre leurs ennemis idéologiques. D’autres choisissent de collaborer pour des raisons opportunistes, espérant tirer profit de la situation et améliorer leur position sociale ou économique. La collaboration peut également être une question de survie. Face à la menace de la[...]
La collaboration punie
À la Libération, en 1944, la France connaît une période d’épuration visant à punir les collaborateurs. Cette épuration prend deux formes.
Une épuration sauvage éclate dès la Libération, avec des actes de vengeance spontanée. Des collaborateurs présumés sont lynchés, humiliés ou exécutés sans procès. Les femmes accusées de « collaboration horizontale » (relations intimes avec des Allemands) sont souvent tondues en public. Parallèlement, une épuration légale se met en place. Des tribunaux spéciaux sont créés pour juger les collaborateurs. Les peines vont de l’emprisonnement à la condamnation à mort. Des figures célèbres sont jugées pour trahison. Pierre Laval, principal artisan de la collaboration, est condamné à mort et exécuté en 1945. Philippe Pétain,[...]
La mémoire de la collaboration
La mémoire de la collaboration évolue au cours des décennies. Dans les années qui suivent la guerre, il existe une tendance à minimiser voire à occulter la collaboration, au profit d’une glorification de la Résistance et de l’unité nationale. Des œuvres comme le film Le Chagrin et la Pitié (1971) de Marcel Ophüls, qui ébranle le mythe de la France résistante, contribuent à une prise de conscience collective. À partir des années 1970, les historiens et les chercheurs commencent à étudier plus en profondeur[...]
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