Émilie du Châtelet(1706-1749) est une femme de lettres, philosophe et scientifique, dont la vie et la pensée[...]
La chance d’une éducation ouverte
Émilie Le Tonnelier de Breteuil est née le 17 décembre 1706 à Paris. Son mariage avec Florent Claude du Châtelier, le 12 juin 1725, lui donnera le titre de marquise.
Le premier élément essentiel dans la construction de la vie hors du commun d’Émilie du Châtelet est certainement le fait qu’elle a reçu la même éducation que ses frères, ce qui est très rare à l’époque. Certaines philosophes des XVIIe et XVIIIe siècles, comme Gabrielle Suchon (1632-1703), Marie de Gournay (1565-1645) ou encore Anna Maria van Schurmann (1607-1678), luttent pour une telle égalité. Châtelet s’en fera l’écho, considérant qu’il est absurde de priver d’éducation la moitié de l’humanité. Dans la « Préface du traducteur », qui introduira sa traduction de[...]
Une vie à rebours des normes de genre
À cette époque, pourtant, être une femme philosophe et jouer un rôle en tant que telle dans le monde intellectuel relève d’un véritable combat. On se moque alors des « femmes savantes » (comme dans la pièce de Molière qui porte ce titre) ; on leur interdit l’accès aux académies des sciences, où les travaux et les découvertes sont étudiés et discutés. Si l’on tolère qu’elles publient[...]
Une œuvre philosophique et scientifique singulière
En 1733, en femme libre, elle décide de consacrer sa vie à la science et à la philosophie. Elle s’installe, au château de Cirey (au nord de l’actuelle Haute-Marne), où Voltaire la rejoint l’année suivante. Ils réalisent ensemble des expériences de physique et de chimie qui nourriront ses livres. Elle travaille à son ouvrage le plus important, les Institutions de physique (1740), développant une philosophie des sciences très originale, qui pose, entre autres, la conscience des limites de ce que nous pouvons connaître, comme étant le moyen de penser ce qu’est un sujet connaissant et la certitude du savoir qu’il forge. Mathématicienne, elle traduit et commente l’ouvrage majeur rédigé par Newton en 1687, les Principes mathématiques de la philosophie naturelle, traduction qui ne paraîtra qu’en 1759, après sa mort. Enfin, elle écrit un Discours sur le bonheur, qui valorise la passion amoureuse et le plaisir[...]
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