ARISTOTE (384-322 av. J.-C.)

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Aristote

Aristote est l’un des philosophes majeurs de l’Antiquité grecque, et sans doute l’un des penseurs les plus influents de l’histoire de la philosophie. Également scientifique, logicien, biologiste, botaniste, il a eu pour ambition de comprendre le monde dans toute sa diversité et a investi les différents champs du savoir. Pour lui, philosopher c’est observer avec attention, raisonner avec méthode, et chercher à bien vivre.

Né en 384 av. J.-C. à Stagire, en Macédoine, royaume situé au nord des cités grecques, Aristote est le fils de Nicomaque, médecin du roi. Il est admis à dix-sept ans au sein de l’Académie, l’école philosophique de Platon, à Athènes, où il demeure durant vingt ans. S’il admire la méthode de son maître, Aristote lui reproche de « séparer les Idées » de la réalité. Plutôt que de chercher un monde idéal, le disciple s’intéresse quant à lui à ce qui existe réellement : il privilégie l’observation comme point de départ de la réflexion.[...]

De l’idéalisme de Platon au réalisme d’Aristote

<em>L’École d’Athènes</em>, Raphaël (détail) - crédits : Pascal Deloche/ Stone/ Getty Images

L’École d’Athènes, Raphaël (détail)

Aristote considère que la connaissance vient d’abord de l’observation. Les « Idées » de Platon deviennent chez son élève les « Formes » que l’on extrait des réalités sensibles. Ainsi, tandis que, pour Platon, l’idée de cheval se trouve dans le monde des idées, pour Aristote, elle est contenue dans les êtres appartenant à la famille des équidés. Notre esprit a la capacité, en observant le réel, d’extraire par abstraction la forme générale des réalités particulières. L’idée de cheval n’a pas d’existence, seuls les chevaux singuliers existent ; mais, pour les connaître, il faut repérer en chacun d’entre eux la forme générale (le concept) du cheval. « Il n’y a de science que du général, d’existence que[...]

Les règles du discours

Pour raisonner, plutôt que de se mettre en quête de principes éternels, Aristote prend toujours pour point de départ les différents énoncés de ses contemporains. Selon lui, avant d’examiner leurs contenus, il faut commencer par vérifier la justesse de leur argumentation. Le philosophe construit, pour ce faire, la première logique dite « formelle » de l’histoire : « formelle » parce qu’elle ne prend pas en compte la vérité des propositions, mais la correction ou l’incohérence de la liaison des propositions. Dans un ensemble de traités rassemblés sous le titre Organon (l’« outil » en grec), Aristote montre à quelles conditions un enchaînement de propositions est acceptable.

Sa théorie dite du syllogisme (mot qui désigne un énoncé composé de deux prémisses et d’une conclusion) vaut aussi bien pour les discours scientifiques que pour les échanges de tous les jours. Il s’agit moins d’un outil de découverte que d’un instrument de réfutation des fautes ou erreurs formelles[...]

La recherche des causes

Pour Aristote, la philosophie découle d’une aspiration naturelle des hommes. Un de ses livres majeurs, La Métaphysique, titre donné a posteriori à cette œuvre et qui renvoie à la discipline traitant de l’être en tant qu’être, débute par la phrase suivante : « Tous les hommes désirent naturellement savoir. » Tout étant lié au sein de la réalité, il est essentiel d’organiser les connaissances. Pourquoi les choses sont-elles comme elles sont ? Comment fonctionnent-elles ? À quoi servent-elles ? Comprendre un être ou un phénomène consiste, selon Aristote, à en déterminer les quatre causes.

Par exemple, s’intéresser à une statue, c’est se demander de quelle matière elle est composée (cause matérielle) : si elle est en marbre, ce matériau a imposé au sculpteur des contraintes différentes de celles que lui aurait imposées le bois. Puis, c’est rechercher quelle est la structure de cette statue (cause formelle) : quelle structure le sculpteur a-t-il appliquée à cette matière première qu’était le bloc de marbre pour en faire une œuvre achevée ? Ensuite, c’est interroger l’origine de cette statue (cause efficiente ou motrice) : qui l’a produite, quel a été le[...]

Dieu et le cosmos

La nature tout entière, pour Aristote, est un « cosmos » (mot grec qui fait référence à l’ordre et à la beauté). Elle est toutefois divisée en deux parties très hétérogènes : le monde « sublunaire » (situé en dessous de la lune) dont fait partie notre planète, monde désordonné et imparfait, et le monde « supralunaire » des astres. Dans ce cosmos hiérarchisé, chaque partie du monde supralunaire met en mouvement les parties inférieures : il est donc nécessaire qu’existe au sommet du cosmos une cause non causée, absolument première, locution qui définit Dieu, selon Aristote. Un dieu parfait, un être accompli qui met en mouvement la totalité de la nature, mais également un dieu dont la perfection attire[...]

La recherche du bonheur

Dans la vision finaliste d’Aristote, le bonheur consiste pour un être à accomplir sa nature, c’est-à-dire à atteindre la finalité pour laquelle il est constitué. L’homme étant le « vivant doté de raison », son bonheur est inséparable du savoir auquel il tend. Comme la plupart de ses prédécesseurs, Aristote est « eudémoniste », terme qui sert à qualifier les philosophes qui considèrent que la recherche du bonheur est le but de tous les humains.

Accomplir sa nature, pour un être humain, c’est donc à la fois user au mieux de sa raison pour comprendre qui il est et dans quel univers il existe, et bien vivre dans la cité, car l’homme est aussi un « animal politique ». « Seuls la bête et le dieu peuvent vivre isolés », affirme Aristote. L’homme est fait pour vivre avec ses semblables dans une société régie selon les principes de la justice. Celle-ci consiste toujours à trouver un juste milieu entre deux excès. Ainsi, le courage est un juste milieu entre[...]

Philosopher avec Aristote

Aristote semble avoir survécu à toutes les tentatives menées pour se débarrasser de sa pensée. La science moderne a voulu jeter aux oubliettes son finalisme, dont Kant a démontré que, si l’on pouvait l’écarter de l’étude de l’inanimé, il demeurait inéliminable des sciences du vivant. De nouvelles logiques ont prétendu rendre désuète celle d’Aristote, dont tout nous montre qu’elle[...]

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Aristote : grandes dates

La vie du philosophe grec Aristote est ponctuée par quelques dates marquantes. [...]


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Pour citer cet article

Encyclopædia Universalis. ARISTOTE (384-322 av. J.-C.) [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

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