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La messe palestrinienne

Ayant assimilé la technique des maîtres franco-flamands, Giovanni Pierluigi da Palestrina transcenda bientôt les procédés de l'écriture polyphonique pour atteindre dans ses messes un style fluide, clair et bien ordonné.

D'une façon générale, les messes de Palestrina obéissent au schéma suivant : un kyrie lyrique, dont la souple écriture reste fidèle aux principes de l'ancienne école polyphonique ; un gloria triomphant, avec des effets de contraste et de longs passages homophones (à 1 voix) ; un credo, épuré de tout élément ornemental superflu (ici la déclamation syllabique propice à l'intelligibilité du texte prévaut dans l'ensemble du morceau, seul l'amen final voyant se déployer d'amples vocalises) ; un sanctus puissant et joyeux ; un benedictus recueilli, le plus souvent confié aux seules voix aiguës ; un agnus dei suave, avec un second agnus dei conforme à l'ancien usage des Flamands qui y faisaient volontiers étalage de leur art du contrepoint en réalisant des canons énigmatiques.

Dès la Messe du pape Marcel, à 6 voix, les conceptions purement palestriennes s'affirment : le mode choisi est le plus limpide de tous, c'est le do majeur moderne. Pas de cantus firmus (mélodie préexistante qui sert de base à la pièce polyphonique). Selon le musicologue français André Pirro, Palestrina « renouvelle sans cesse les éléments de son discours et ne procède que rarement par imitation. Il a établi cependant dès les premières mesures un rapport étroit de symétrie entre les intonations des 2 basses et il a poursuivi un canon à 3 voix sur les mêmes données dans le second agnus. [...] Les paroles essentielles sont souvent accentuées par de fermes accords, ou bien elles émergent quasi récitées par un des chanteurs. La perception du texte est ainsi assurée... ».

Pour citer l'article : « La messe palestrinienne », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le . URL : http://junior.universalis.fr/document/la-messe-palestrinienne/