Histoire de la mandoline
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Dès la fin du XVe siècle, la mandoline, sorte de variante aiguë de la famille des luths, se répand en Europe.
Dans l'Europe de la fin du XIIIe siècle, la « guiterne » (ou « guisterne », « guiterre », « guitarre », « quitarre », « quitaire »...) coexiste avec le luth. Ces deux instruments sont probablement d'origine arabo-musulmane. De petite taille, la guiterne se joue avec une plume d'oiseau en guise de plectre et son chevalet est collé sur la table d'harmonie.
Pietrobono del Chitarino (Pietrobono de Burzellis), attaché à la cour de Ferrare, en Italie, est un des plus célèbres virtuoses du luth et de la guiterne, qui va bientôt être supplantée par la guitare « Renaissance ». Une variante de cet instrument, la mandore (ou mandorre), devient très populaire en France au milieu du XVIe siècle dans la musique profane. Peu de partitions subsistent : on dispose cependant de celles de François de Chancy, Tablature de mandore de la composition du Sieur Chancy (Paris, 1629).
C'est avec le baroque italien, aux XVIe et XVIIe siècles, que la mandoline (mandola ou mandolino) prend véritablement son essor. D'abord utilisée comme instrument d'apprentissage, cette mandoline lombarde apparaît bientôt dans des pièces majeures (comme les concertos pour une et deux mandolines d'Antonio Vivaldi, au XVIIIe siècle, et des sonates pour mandoline) et accompagne des airs d'opéra (comme la sérénade du Don Giovanni de Mozart, 1787).
Les caractéristiques de la mandoline « moderne » se fixent au milieu du XVIIIe siècle. À Paris, l'instrument est très prisé de 1760 à 1789. En Italie, la mandoline napolitaine (qui est accordée comme un violon) est améliorée à la fin du XIXe siècle.
La mandoline est aussi devenue un instrument typique du bluegrass américain, genre de la country music (dans une version à caisse plate), et connaît de nombreuses variantes, comme la bandola en Colombie ou le bandolim, toujours utilisé dans les orchestres de chôro du Brésil.